Le panthéon égyptien rassemble plus d'un millier de divinités vénérées durant trois millénaires de civilisation pharaonique. Plusieurs cosmogonies coexistent selon les centres religieux, mais celle d'Héliopolis domine la pensée théologique égyptienne. Au commencement existe le Noun, océan primordial et chaotique. De ces eaux surgit Atoum, le dieu créateur qui émerge sur une butte primitive. Par un acte d'autocréation, Atoum engendre Shou (l'air) et Tefnout (l'humidité), qui donnent naissance à Geb (la Terre) et Nout (le Ciel). De ce couple descendent Osiris, Isis, Seth et Nephtys, formant l'Ennéade, groupe de neuf divinités majeures. Cette généalogie divine structure la vision cosmique égyptienne et fonde la légitimité pharaonique, le roi incarnant Horus, fils d'Osiris.
Les dieux égyptiens se distinguent par leurs formes hybrides, combinant corps humain et tête animale. Cette iconographie traduit un symbolisme profond : le faucon d'Horus évoque la vigilance et la royauté, le chacal d'Anubis renvoie à la protection des morts, le scarabée de Khépri symbolise la renaissance quotidienne du soleil. Les Égyptiens observent finement le comportement animal pour attribuer à chaque dieu des caractéristiques spécifiques. La nature divine reste fondamentalement inconnaissable, les multiples apparences n'étant que des facettes d'une réalité transcendante. Le syncrétisme caractérise également ce panthéon : des divinités fusionnent pour créer de nouvelles entités, comme Amon-Rê qui combine le pouvoir caché d'Amon à la puissance solaire de Rê. Cette flexibilité permet d'unifier des cultes locaux tout en préservant leurs spécificités.
Le culte égyptien s'organise autour des temples où les prêtres honorent quotidiennement les statues divines par des offrandes et des rituels. Cependant, la dimension funéraire domine la religiosité égyptienne. La croyance en l'immortalité de l'âme exige la préservation du corps par la momification, permettant au ka (énergie vitale) et au ba (personnalité) de réintégrer l'enveloppe charnelle. Le mythe d'Osiris, assassiné par Seth puis ressuscité par Isis, fonde ces pratiques : chaque défunt devient un Osiris capable de renaître dans l'au-delà. Le jugement des morts, où Anubis pèse le cœur contre la plume de Maât, détermine le destin éternel de chacun. Cette fascination pour l'au-delà influence durablement la culture mondiale : pyramides, momies et dieux à têtes d'animaux nourrissent l'imaginaire contemporain, des musées aux jeux vidéo comme Assassin's Creed Origins.
Les formes hybrides des dieux égyptiens traduisent un symbolisme complexe plutôt qu'une adoration des animaux eux-mêmes. Chaque animal incarne des qualités attribuées à la divinité : le faucon symbolise la puissance royale d'Horus, le chacal évoque la protection funéraire d'Anubis car ces animaux rôdent près des nécropoles. Cette iconographie apparaît vers 2700 avant notre ère, combinant formes animales et humaines plus anciennes. Pour les Égyptiens, la vraie nature divine reste cachée et inconnaissable. Les multiples apparences ne sont que des manifestations partielles d'une réalité transcendante.
L'Ennéade désigne le groupe des neuf divinités primordiales selon la théologie d'Héliopolis. Elle comprend Atoum (le créateur), Shou et Tefnout (air et humidité), Geb et Nout (terre et ciel), puis Osiris, Isis, Seth et Nephtys. Ce système généalogique explique la création du monde et l'origine de l'ordre cosmique. L'Ennéade sert de modèle pour d'autres groupements divins à travers l'Égypte. Cette organisation théologique, élaborée par les prêtres d'Héliopolis, influence profondément la religion d'État et la légitimité pharaonique pendant des millénaires.
La momification répond à la croyance égyptienne en l'immortalité de l'âme. Selon leur vision, la mort sépare plusieurs principes spirituels du corps : le ka (énergie vitale), le ba (personnalité) et l'akh (esprit). Pour que l'âme survive dans l'au-delà, elle doit pouvoir réintégrer un corps préservé et reconnaissable. Le mythe d'Osiris, première momie de l'histoire mythique, fonde ce rituel : assassiné et démembré par Seth, Osiris est reconstitué par Isis qui invente ainsi l'embaumement. Chaque défunt momifié devient un Osiris capable de renaître éternellement.
Le pharaon occupe une position centrale comme intermédiaire entre les dieux et les hommes. Considéré comme l'incarnation vivante d'Horus et fils de Rê, il détient une nature semi-divine. Sa fonction principale consiste à maintenir la Maât, l'ordre cosmique et la justice universelle, en repoussant les forces du chaos (Isfet). Il préside les grands rituels dans les temples et assure la prospérité du royaume par sa piété. Les pyramides et temples mortuaires témoignent de cette dimension sacrée : après sa mort, le pharaon rejoint les dieux et continue de protéger l'Égypte.
L'Égypte ancienne fascine toujours l'imaginaire contemporain. Pyramides, momies, sphinx et dieux à têtes d'animaux apparaissent dans d'innombrables films, séries et romans. Les jeux vidéo comme Assassin's Creed Origins ou Age of Mythology permettent d'explorer ces univers de manière immersive. L'esthétique égyptienne inspire le design, la mode et les bijoux avec des motifs comme l'œil d'Horus ou le scarabée Khépri. Les musées du monde entier consacrent des espaces majeurs à l'égyptologie. Cette influence persistante témoigne du pouvoir évocateur d'une civilisation qui a su penser la mort et l'éternité.