L'essentiel
Maahes occupe le rôle de dieu lion dans mythologie égyptienne, au visage d'homme, coiffé de la double couronne ou de la couronne atef, un couteau serré dans la main. Les Égyptiens le désignent comme le fils d'une déesse féline, Sekhmet en Haute-Égypte et Bastet en Basse-Égypte, dont il hérite la fureur solaire. Son père varie selon les époques et les villes : tantôt Ptah, le grand artisan de Memphis, tantôt Rê lui-même. Son nom, construit autour du hiéroglyphe du lion mâle, se rattache aussi à la racine de Maât, l'ordre juste, ce qui explique sa réputation de dévoreur des coupables et de défenseur des innocents. Les premières mentions certaines apparaissent au Nouvel Empire, et plusieurs égyptologues avancent une origine nubienne, en le rapprochant du dieu lion Apédémak.
Sa fonction principale reste celle du dieu de la guerre et du bourreau divin. Les textes évitent souvent de prononcer son nom et lui préfèrent des épithètes qui disent tout de son tempérament : Seigneur du Massacre, Porteur du Couteau, Seigneur Écarlate. On le représente parfois sous la forme d'un lion dévorant un captif, image sans détour de la justice violente qu'il incarne. Cette férocité sert un projet protecteur : Maahes accompagne Rê dans sa traversée nocturne et repousse le serpent Apophis, il défend le pharaon sur le champ de bataille et surveille l'accès aux sanctuaires. Ce statut de protecteur des lieux sacrés en fait un gardien plus qu'un agresseur, une force redoutable tournée vers l'extérieur. Les Égyptiens voient également en lui la chaleur brûlante du soleil, ce qui le rattache au cercle des divinités dites Œil de Rê, aux côtés de sa mère.
Le culte de Maahes se concentre à Léontopolis, la "ville des lions" dans le onzième nome de Basse-Égypte, aujourd'hui Tell el-Muqdam. Des lions apprivoisés y vivent dans l'enceinte du temple, nourris et soignés par les prêtres, et une nécropole leur est réservée. Le pharaon Osorkon III, de la XXIIème dynastie, lui élève un sanctuaire à Bubastis, la cité de sa mère Bastet. Son rayonnement dépasse le Delta : on relève sa présence à Dendérah, à Edfou, dans les oasis de Bahariya et de Siwa, jusqu'à Méroé en Nubie, et son image figure encore sur les parois du temple de Debod, aujourd'hui remonté à Madrid. Cette diffusion géographique dessine le portrait d'une divinité secondaire mais durablement implantée, associée partout où le lion sert de symbole de puissance royale.
Questions fréquentes
Que signifie exactement le nom de Maahes ?
Le nom de Maahes commence par le hiéroglyphe du lion mâle, signe employé aussi dans les mots "prince", "force" et "puissance". Pris isolément, le groupe se lit également "celui qui voit devant", d'autant que le nom est souvent suivi du déterminatif de l'œil. Le premier signe entre par ailleurs dans l'écriture de Maât, la vérité et l'ordre du monde. De cette superposition naît la traduction la plus courante, "celui qui est vrai auprès d'elle", et le rôle judiciaire prêté au dieu lion. Les Grecs transcrivent le nom en Miysis, Mihos ou Mios.
Quelle différence entre Maahes et les autres divinités léonines égyptiennes ?
L'Égypte compte plusieurs divinités à tête de félin, mais leurs rôles ne se recouvrent pas. Sekhmet incarne la colère destructrice de Rê et la maladie autant que la guérison, Bastet évolue vers une figure domestique et joyeuse liée à la musique et à la fécondité, Tefnout représente l'humidité et le principe cosmique. Maahes se distingue par son genre masculin, rare dans ce groupe, et par sa spécialisation : il exécute et il garde. Il est le bras armé, là où Sekhmet est la fureur elle-même.
Pourquoi Maahes est-il associé au lotus et au couteau ?
Le couteau renvoie directement à sa fonction de bourreau divin, celui qui tranche la gorge des ennemis de l'ordre et des parjures. Le lotus provient d'un autre lien : Nefertoum, également fils de Sekhmet ou de Bastet, porte cette fleur comme emblème, et les deux dieux se confondent parfois au point que certains égyptologues voient en Maahes une simple facette de son frère. Le bouquet de lotus placé près de son image signale donc une parenté iconographique, non une fonction florale propre.
Citations
"Maahes, le puissant, enverra un lion parmi les fils de Maahes, sous contrainte, pour m'amener les âmes des dieux, les âmes des hommes, les âmes du monde souterrain, les âmes de l'horizon, les esprits et les morts, afin qu'ils me disent aujourd'hui la vérité sur ce que je cherche."
"En Égypte, on rend un culte aux lions, et il existe une ville qui porte leur nom. Ils y disposent de temples et de vastes espaces où circuler, la chair des bœufs leur est fournie chaque jour, et les lions mangent au son d'un chant en langue égyptienne."
Noms alternatifs
- Mahes
- Mihos
- Miysis
- Mios
- Maihes
- Mysis
