Le panthéon grec désigne l'ensemble des divinités vénérées dans la Grèce antique, organisé autour des douze dieux olympiens résidant sur le mont Olympe. Cette religion polythéiste trouve ses racines dans les mythes cosmogoniques racontés par Hésiode et Homère. Au commencement règne le Chaos primordial, d'où émergent Gaïa (la Terre) puis Ouranos (le Ciel). De leur union naissent les Titans, dont Cronos et Rhéa qui engendrent la première génération d'Olympiens. Après la Titanomachie, guerre cosmique opposant Titans et Olympiens, Zeus s'empare du pouvoir et devient le roi des dieux. Il partage alors le monde avec ses frères : Poséidon reçoit les mers, Hadès le monde souterrain, tandis que Zeus conserve le ciel et la souveraineté suprême.
L'anthropomorphisme constitue la caractéristique majeure des dieux grecs. Les divinités possèdent une apparence humaine, ressentent des émotions comme l'amour, la jalousie ou la colère, et entretiennent des relations familiales complexes. Zeus éprouve le désir, Héra connaît la jalousie, Arès ressent la soif de combat. Cependant, les dieux se distinguent des mortels par leur immortalité et leur puissance supérieure. Dans leur corps coule non pas du sang mais de l'ichor, et ils se nourrissent d'ambroisie et de nectar. Chaque divinité préside à un domaine spécifique : Athéna incarne la sagesse et la stratégie, Apollon gouverne les arts et la lumière, Aphrodite règne sur l'amour et la beauté. Cette répartition des pouvoirs reflète la vision grecque d'un univers ordonné où chaque force trouve sa place.
Le culte des dieux olympiens structure profondément la vie des cités grecques. Les sanctuaires comme Delphes, Olympie ou Éleusis accueillent des pèlerins venus consulter les oracles ou participer aux grandes fêtes panhelléniques. Les sacrifices animaux, les libations et les processions rythment le calendrier religieux. L'oracle de Delphes, où la Pythie transmet les réponses d'Apollon, influence les décisions politiques et militaires. Les Jeux olympiques antiques, célébrés tous les quatre ans en l'honneur de Zeus, rassemblent les Grecs au-delà de leurs rivalités. Cette mythologie traverse les siècles et influence durablement la culture occidentale : littérature, philosophie, psychanalyse et arts visuels puisent encore aujourd'hui dans ce réservoir de récits et de symboles. Des expressions comme "talon d'Achille" ou "complexe d'Œdipe" témoignent de cette empreinte persistante.
Les dieux grecs sont anthropomorphes, c'est-à-dire qu'ils possèdent une apparence et des comportements humains. Cette caractéristique reflète la vision grecque du divin comme un miroir magnifié de l'humanité. Les divinités éprouvent des émotions, entretiennent des relations familiales et interviennent dans les affaires humaines. Cependant, leur nature divine les distingue fondamentalement des mortels : ils sont immortels, dotés d'une puissance supérieure et se nourrissent d'ambroisie. Cet anthropomorphisme permet aux Grecs de comprendre et de représenter le divin tout en maintenant une distance sacrée entre hommes et dieux.
Les Titans constituent la première génération de dieux, enfants d'Ouranos et Gaïa, qui règnent durant l'Âge d'or sous la domination de Cronos. Les Olympiens forment la génération suivante, enfants des Titans Cronos et Rhéa. La Titanomachie, guerre cosmique de dix ans, oppose ces deux générations pour la suprématie de l'univers. Après leur victoire, Zeus et les Olympiens précipitent la plupart des Titans dans le Tartare et établissent leur règne depuis le mont Olympe. Cette succession divine symbolise le passage du chaos primordial à l'ordre cosmique.
L'oracle de Delphes représente le principal moyen de communication entre les dieux et les humains dans le monde grec. Installée dans le temple d'Apollon, la Pythie entre en transe pour transmettre les réponses du dieu aux questions des consultants. Ces prophéties influencent les décisions politiques, militaires et personnelles de toute la Grèce. Avant d'entreprendre une guerre ou de fonder une colonie, les cités consultent l'oracle. Le sanctuaire de Delphes, considéré comme le nombril du monde, constitue un lieu de rassemblement panhellénique qui renforce l'unité culturelle grecque.
L'héritage du panthéon grec imprègne profondément la culture occidentale contemporaine. La littérature, de Virgile à James Joyce, puise dans ces récits mythologiques. La psychanalyse utilise des figures comme Œdipe ou Narcisse pour nommer des concepts fondamentaux. L'art, de la Renaissance au néoclassicisme, représente inlassablement dieux et héros grecs. Le cinéma et les jeux vidéo, de Percy Jackson à Assassin's Creed Odyssey, réinterprètent ces mythes pour de nouveaux publics. Des marques comme Nike ou Hermès tirent leur nom de divinités grecques, témoignant de l'omniprésence de cet héritage.
La mythologie grecque ne constitue pas un ensemble figé mais une tradition vivante qui évolue selon les époques et les régions. Chaque cité possède ses propres récits et variantes locales. Les poètes comme Homère, Hésiode ou les tragédiens athéniens adaptent librement les mythes selon leurs objectifs artistiques et leur public. Cette plasticité explique les contradictions apparentes entre différentes sources. Les Grecs ne cherchent pas une vérité unique mais explorent à travers ces récits des questions universelles sur l'existence, le pouvoir et la condition humaine.