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Éros

Le désir ardent

Avant les dieux, avant l'ordre du monde, une force naît du Chaos et pousse toute chose à s'unir. Éros porte ce nom depuis l'aube des temps grecs. Tantôt puissance cosmique insaisissable, tantôt jeune archer ailé décochant ses flèches au hasard, il incarne le désir qui rapproche les êtres et bouleverse le cœur des mortels comme des immortels.

Le dieu grec de l'amour et du désir

Éros est le dieu grec de l'amour, du désir et de l'attraction. Son nom désigne en grec ancien la force irrésistible qui pousse deux êtres l'un vers l'autre. Chez les Grecs, il agit comme une puissance divine capable de renverser la raison des hommes comme celle des dieux. Cette énergie brûlante, à la fois douce et cruelle, fait de lui l'une des figures les plus vivantes et passionnées de la mythologie grecque.

La force primordiale et le fils d'Aphrodite

La mythologie grecque évoque deux Éros très différents. Le premier est l'Éros primordial : dans la Théogonie du poète Hésiode (nouvelle fenêtre), il figure parmi les toutes premières entités de l'univers, surgi juste après le Chaos, aux côtés de la Terre. Il n'a alors ni parents ni visage, et son rôle consiste à unir les éléments pour que le monde puisse naître. Le second Éros, plus tardif, devient le fils d'Aphrodite, déesse de l'amour. De force cosmique, il se change en jeune dieu espiègle qui accompagne sa mère et sème le trouble d'un simple trait.

Les flèches d'or et de plomb, attributs du désir

Les attributs d'Éros restent reconnaissables entre tous. Il porte un arc et deux sortes de traits, les fameuses flèches d'or et de plomb. Les premières font naître l'amour, les secondes provoquent le rejet. Ses ailes traduisent l'élan du désir vers ce qu'il vise, et sa torche évoque le feu de la passion. Les artistes grecs le représentent d'abord en adolescent élancé sur la céramique attique des VIème et Vème siècles avant notre ère, puis en enfant nu et joufflu à l'époque romaine. La statue dite Éros de Centocelle, copie d'après un original du sculpteur Praxitèle (nouvelle fenêtre), en conserve aujourd'hui l'image au Musée du Vatican.

Éros, dieu du plaisir grec

Au-delà de l'amour, Éros incarne surtout le désir et le plaisir. Les Grecs distinguent plusieurs mots pour parler d'aimer, et celui qui lui correspond, érôs, désigne l'attirance passionnée et physique, celle qui embrase les corps. C'est pourquoi il apparaît souvent comme le dieu du plaisir grec par excellence, entouré de compagnons qui prolongent son pouvoir tels que Himéros, le désir immédiat, et Pothos, le manque de l'être aimé quand il s'absente. À travers eux, Éros règne sur toutes les nuances de l'attirance.

Le mythe d'Éros et Psyché

Le récit le plus célèbre lié à Éros reste l'histoire d'Éros et Psyché, transmise par l'auteur latin Apulée (nouvelle fenêtre). Psyché, princesse d'une beauté qui rend Aphrodite jalouse, se voit condamnée par la déesse. Mais Éros, chargé de la punir, tombe lui-même amoureux d'elle. Après une nuit brisée par la curiosité de la jeune femme et une série d'épreuves imposées par Aphrodite, les deux amants se retrouvent et Psyché devient immortelle. De leur union naît une fille au nom éloquent, Volupté, autrement dit le Plaisir.

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Questions fréquentes

D'où vient le nom Éros ?

Le nom Éros vient du grec ancien érôs, qui désigne le désir passionné et l'amour physique. De cette racine descendent directement les mots français érotique et érotisme. Au début du XXème siècle, le psychanalyste Sigmund Freud reprend le terme pour nommer l'ensemble des pulsions de vie, qu'il oppose à Thanatos, la pulsion de mort. Le nom du dieu reste ainsi bien présent dans le langage courant.

Quelle différence entre Éros et Cupidon ?

Cupidon est simplement le nom romain d'Éros. Les Romains reprennent le dieu grec, ses ailes et ses flèches, et l'appellent Cupido, du verbe cupere, désirer. C'est sous cette forme, celle du petit archer joufflu, qu'il traverse les siècles jusqu'à la Saint-Valentin. D'autres cultures possèdent leur équivalent, comme Kâma en Inde, un dieu qui décoche lui aussi des flèches, faites de fleurs, pour éveiller l'amour.

Où Éros est-il vénéré dans la Grèce antique ?

Le culte principal d'Éros se trouve à Thespies, en Béotie, où il est d'abord honoré sous la forme d'une simple pierre brute. La cité y célèbre les Érotidies, des concours sportifs et artistiques organisés tous les quatre ans. Éros est aussi le dieu du courage entre guerriers. A Thèbes, le Bataillon sacré, formé de couples d'amants, le prend pour protecteur avant les combats.

Où retrouve-t-on Éros dans la culture moderne ?

Éros, le plus souvent sous le nom de Cupidon, reste partout. Le peintre Caravage (nouvelle fenêtre) lui consacre son Amour victorieux en 1602, et le sculpteur Canova (nouvelle fenêtre) immortalise le baiser d'Éros et Psyché dans une œuvre exposée au Musée du Louvre.

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Citations

"Au commencement naît le Chaos, puis la Terre au large sein... et Éros, le plus beau parmi les dieux immortels, celui qui rompt les membres et dompte, dans la poitrine de tous les dieux et de tous les hommes, le cœur et la sage pensée."

Hésiode, Théogonie

"Éros à nouveau me fait trembler, lui qui dénoue les membres, créature douce-amère contre laquelle nul ne peut rien."

Sappho, Fragment 130
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