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Japonais

Tsukuyomi

La lune nocture

Divinité
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L'essentiel

Tsukuyomi est le dieu de la Lune de la mythologie japonaise, aussi appelé Tsukuyomi-no-Mikoto. Sa naissance occupe une place centrale dans le récit fondateur du shintoïsme : le dieu créateur Izanagi, de retour du monde des morts, se purifie dans une rivière et donne le jour à plusieurs divinités. De son œil droit surgit Tsukuyomi, tandis que son œil gauche fait naître Amaterasu et son nez le tumultueux Susanoo. Cette origine lumineuse ancre d'emblée la divinité lunaire du côté du ciel et de la clarté nocturne.

En tant que dieu de la Lune, Tsukuyomi gouverne la nuit et le cycle lunaire. Son nom porte d'ailleurs cette fonction, puisqu'il évoque l'idée de "lire la lune", c'est-à-dire suivre ses phases pour ordonner le calendrier, les saisons et les rites. Dans la mythologie japonaise, la divinité lunaire n'est donc pas seulement l'astre de la nuit : elle est aussi le gardien du temps qui passe, une présence calme et régulière qui équilibre l'éclat solaire de sa sœur.

Tsukuyomi appartient au groupe des trois enfants nobles, la triade majeure du shintoïsme qu'il forme avec Amaterasu, déesse du Soleil, et Susanoo, dieu des tempêtes. Chacun reçoit un domaine : le jour pour Amaterasu, la nuit pour Tsukuyomi, les mers et les orages pour Susanoo. Cette répartition fait de Tsukuyomi-no-Mikoto l'un des piliers de l'ordre cosmique, même si les textes anciens lui consacrent beaucoup moins de récits qu'à ses deux puissants frère et sœur.

Le seul grand mythe propre à Tsukuyomi explique pourquoi le jour et la nuit ne se croisent jamais. Envoyé par Amaterasu auprès de la déesse de la nourriture Ukemochi, Tsukuyomi la voit produire un festin depuis son propre corps. Jugeant ce procédé impur, il tue Ukemochi sur-le-champ. Horrifiée par ce geste, Amaterasu refuse désormais de le regarder et s'installe à l'opposé du ciel. Depuis, le dieu de la Lune et le Soleil restent séparés, condamnés à se succéder sans jamais se rencontrer.

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Questions fréquentes

Que signifie le nom "Tsukuyomi" ?

Le nom Tsukuyomi vient de l'association de tsuku ("la lune", "le mois") et de yomi ("lire", "compter"), soit l'idée de "lire la lune" pour mesurer le temps. Le Nihon Shoki note aussi la variante Tsukuyumi, "arc de lune". Cette étymologie rappelle que la divinité lunaire sert de calendrier vivant dans la mythologie japonaise.

Tsukuyomi est-il un dieu ou une déesse ?

La question reste ouverte. Les textes ne fixent jamais clairement le sexe de Tsukuyomi-no-Mikoto. Le recueil poétique Man'yōshū emploie la forme Tsukuyomi Otoko, "l'homme qui lit la lune", ce qui plaide pour un dieu masculin. Mais certains chercheurs rappellent que beaucoup de cultures imaginent une divinité lunaire féminine, laissant planer un doute durable.

Tsukuyomi est-il vénéré et où ?

Oui, plusieurs sanctuaires du shintoïsme lui sont dédiés. Le Tsukiyomi-no-miya, rattaché au grand sanctuaire d'Ise, et le sanctuaire de Matsunoo à Kyoto honorent Tsukuyomi. Le mont Gassan, dans la région de Yamagata, lui est aussi associé. Le culte du dieu de la Lune reste toutefois discret comparé à celui d'Amaterasu.

À quelles divinités lunaires d'autres mythologies ressemble Tsukuyomi ?

Tsukuyomi trouve des échos dans de nombreux panthéons. Comme Khonsou en Égypte, Chandra en Inde ou Sîn en Mésopotamie, il personnifie l'astre nocturne et la mesure du temps. À la différence de la Séléné grecque, féminine, le dieu de la Lune japonais se rattache plutôt aux divinités lunaires masculines, gardiennes du calendrier et de la nuit.

Où croise-t-on Tsukuyomi dans la culture populaire ?

Le nom Tsukuyomi circule largement dans la pop culture japonaise et mondiale. Il désigne une technique d'illusion dans Naruto (nouvelle fenêtre), apparaît comme dieu jouable dans le jeu Smite (nouvelle fenêtre), surgit en boss dans Final Fantasy XIV (nouvelle fenêtre) et en arme légendaire dans Ōkami (nouvelle fenêtre). Ces œuvres réinventent la divinité lunaire en figure mystérieuse, loin de la sobriété des textes anciens.

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Citations

"Répugnant ! Immonde ! Que tu oses me nourrir de choses recrachées par ta bouche."

Nihon Shoki, Livre I

"Que le pont du ciel soit plus long, que les hautes montagnes soient plus hautes, afin que j'aille puiser l'eau de jouvence que détient Tsukuyomi, et que je l'offre à mon seigneur pour qu'il retrouve sa jeunesse."

Man'yōshū, Poème 3245
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Noms alternatifs

  • Tsukiyomi
  • Tsukuyomi-no-Mikoto
  • Tsukiyomi-no-Mikoto
  • Tsukuyomi-no-Kami