Écrits
Présentation
Un écrit mythologique est un texte qui fixe par écrit des mythes longtemps racontés de vive voix. Il en existe trois grandes sortes. Les textes sacrés servent de fondement à une religion, à l'image des grands livres de la création. Les œuvres littéraires, poèmes et épopées, mettent les mythes en forme pour être lus et admirés. Les compilations savantes, enfin, rassemblent et classent d'anciens récits pour les sauver de l'oubli. Ces écrits forment la mémoire couchée sur le papier de l'humanité.
Le monde maya nous laisse le Popol Vuh, le "Livre du Conseil", l'un des plus précieux écrits des Amériques. Il raconte la création du monde et les tentatives des dieux pour façonner des hommes capables de les honorer. Son cœur bat au rythme des aventures des jumeaux Hunahpu et Xbalanque, qui descendent dans le royaume souterrain de Xibalba pour y affronter les seigneurs de la mort. Ce texte sacré mêle création, exploits et sagesse dans un même souffle.
L'Égypte ancienne confie à ses défunts un recueil de formules destinées à affronter l'au-delà, connu aujourd'hui sous le nom de Livre des Morts. Déposé dans les tombes, ce guide accompagne l'âme à travers les dangers du monde souterrain jusqu'au tribunal d'Osiris. C'est là que se joue la fameuse pesée du cœur, comparé à la plume de la vérité. Chaque exemplaire est unique, composé sur mesure selon les moyens et les besoins du mort.
Partout dans le monde, de grands textes ont sauvé les mythes de l'oubli. La Grèce offre l'Iliade et l'Odyssée d'Homère (nouvelle fenêtre), récits de guerre et de voyage, ainsi que la Théogonie d'Hésiode (nouvelle fenêtre), qui met de l'ordre dans la famille des dieux. Rome répond avec les Métamorphoses d'Ovide (nouvelle fenêtre) et l'Énéide de Virgile (nouvelle fenêtre). L'Inde compose les immenses épopées du Mahābhārata et du Rāmāyana, pendant que le Japon consigne ses origines dans le Kojiki et que le Mésopotamie chante la création dans l'Enuma Elish. Chaque civilisation fixe ainsi sa vision du monde dans ses pages.
Ces écrits mythologiques sont bien plus que de vieux livres. Ils forment nos principales fenêtres sur des croyances aujourd'hui disparues, les seules traces qui nous restent de mondes engloutis par le temps. Ils continuent aussi de nourrir la création moderne, du roman au cinéma en passant par le jeu vidéo, qui puise sans fin dans ce trésor de récits. Lire ces textes, c'est encore aujourd'hui entrer en contact direct avec l'imaginaire de nos lointains ancêtres.
Fiches du thème écrits
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la mythographie ?
La mythographie est le travail de mise par écrit et de classement des mythes. Le mythographe recueille des récits éparpillés, souvent transmis oralement, et les organise en un ensemble cohérent. Il agit en savant plutôt qu'en croyant et collecte et transmet plus qu'il ne prie. Grâce à ce travail patient, des pans entiers de la mémoire mythologique nous sont parvenus au lieu de disparaître avec les dernières voix qui les portaient.
Quel est le plus ancien texte mythologique connu ?
L'Épopée de Gilgamesh, née en Mésopotamie. Sa première version rédigée remonte à près de quatre mille ans, sur des tablettes d'argile couvertes d'écriture cunéiforme. Elle suit le roi Gilgamesh, parti en quête d'immortalité après la mort de son ami Enkidu. C'est l'une des plus anciennes œuvres littéraires de l'humanité, bien plus ancienne que les grands poèmes grecs ou les récits bibliques. Elle prouve que le besoin de raconter des mythes est vieux comme l'écriture elle-même.
Qui a écrit la mythologie nordique ?
En grande partie un seul homme, l'Islandais Snorri Sturluson (nouvelle fenêtre), vers 1220. Son Edda, un manuel destiné aux poètes, rassemble et explique les vieux récits des dieux du Nord. Fait étonnant, Snorri est chrétien lorsqu'il consigne ces mythes païens, ce qui invite à lire son œuvre avec un œil attentif. Sans lui et sans l'Edda poétique qui la complète, une grande partie de ce que nous savons d'Odin et de Thor aurait sombré dans l'oubli.
Comment un mythe raconté à l'oral devient-il un livre ?
Souvent grâce à la rencontre entre deux mondes. Le Popol Vuh, par exemple, se transmet oralement chez les Mayas jusqu'à ce qu'il soit transcrit vers le milieu du XVIème siècle. Un moine dominicain, Francisco Ximénez, en recopie et traduit ensuite le texte au début du XVIIIème siècle, ce qui le sauve de la disparition. Beaucoup de mythes ont ainsi voyagé de la voix vivante au manuscrit, au prix parfois de quelques déformations.
Pourquoi appelle-t-on ce recueil égyptien "Livre des Morts" ?
Ce titre n'est pas celui des Égyptiens. Ils parlaient de formules "pour sortir au jour", c'est-à-dire pour renaître à la lumière après la mort. Le nom moderne vient d'un savant allemand, Karl Richard Lepsius, qui baptise l'ensemble Livre des Morts en 1842. La formule est restée, même si elle traduit mal l'esprit du texte, tourné vers la vie nouvelle bien plus que vers la mort.