L'essentiel
Dans la mythologie maya, Xquic est la fille de Cuchumaquic, l'un des seigneurs de Xibalba, l'inframonde où règnent la maladie et la mort. Le Popol Vuh, le grand livre sacré des Mayas K'iche', en fait une princesse de ce royaume souterrain. Souvent surnommée la Lune de sang, Xquic incarne pourtant la vie là où tout n'est qu'obscurité, et c'est par elle que se prépare la chute des puissances de la mort.
Tout bascule au pied d'un calebassier. Les seigneurs de Xibalba y ont accroché la tête tranchée de Hun Hunahpú, l'un des dieux qu'ils viennent de sacrifier. Intriguée, Xquic s'approche de l'arbre interdit. Le crâne lui parle puis crache dans le creux de sa main. Par ce seul contact, la jeune fille se retrouve enceinte sans avoir connu d'homme. Ce mythe de conception virginale est l'un des épisodes les plus marquants du Popol Vuh et fait de Xquic une figure de fertilité miraculeuse.
La grossesse de Xquic déclenche la fureur de son père. Les seigneurs de Xibalba la condamnent au sacrifice et chargent leurs messagers, des hiboux, de rapporter son cœur. Xquic retourne la situation à son avantage. Elle convainc les messagers de l'épargner et leur remet à la place une boule de sève rouge, façonnée en forme de cœur, qui trompe les juges de l'inframonde. Cette ruse lui ouvre le chemin vers la surface de la terre et marque sa victoire sur les forces de la mort.
À la surface, Xquic rejoint Xmucane, la mère de Hun Hunahpú, et se présente comme sa belle-fille. La vieille femme la met à l'épreuve avant de l'accueillir, puis Xquic met au monde les Jumeaux Héros, Hunahpú et Xbalanque. Ces deux frères vengeront leur père en triomphant des seigneurs de Xibalba. Une fois sa maternité accomplie, le rôle de Xquic s'efface du récit, mais sa place dans la mythologie maya reste fondatrice puisque sans elle, les héros du Popol Vuh n'existeraient pas.
Questions fréquentes
Que signifie le nom Xquic dans la mythologie maya ?
Le nom Xquic vient du K'iche' et associe le préfixe féminin ix- au mot k'ik', qui désigne le sang. On le traduit donc par "Femme-sang" ou "jeune fille de sang". La graphie Ixquic est équivalente. Le surnom de Lune de sang est une interprétation plus tardive qui relie son nom aux cycles lunaires, mais le Popol Vuh lui-même ne mentionne aucun lien direct avec la lune.
Pourquoi associe-t-on Xquic à la lune et au sang ?
L'association entre Xquic et la lune décroissante provient de lectures symboliques modernes, où le sang renvoie aux cycles de fertilité et la lune au rythme du temps. Ces rapprochements restent des interprétations de chercheurs et non un fait du texte. Dans la mythologie maya, Xquic symbolise surtout la fécondité et le passage de la vie à travers la mort, son sang et celui de Hun Hunahpú devenant source de renaissance.
À quelles figures d'autres mythologies Xquic ressemble-t-elle ?
Xquic rejoint une famille de mères miraculeuses. Comme Danaé chez les Grecs, fécondée par Zeus sans union charnelle, elle conçoit de façon surnaturelle. Comme Léto, persécutée alors qu'elle porte des jumeaux divins, elle fuit pour protéger ses enfants. L'aztèque Coatlicue, enceinte d'une simple boule de plumes, offre un parallèle proche au sein des cultures voisines. Ces échos font de Xquic une variante maya d'un motif universel.
Xquic apparaît-elle dans la culture populaire ?
Xquic reste discrète comparée aux divinités des autres panthéons. Elle figure notamment dans le jeu vidéo japonais Fate/Grand Order (nouvelle fenêtre), dans un chapitre consacré à la mythologie mésoaméricaine. Le Popol Vuh continue par ailleurs d'inspirer livres illustrés, bandes dessinées et spectacles au Guatemala. Sa présence reste cependant liée au récit plus large des Jumeaux Héros plutôt qu'à une renommée propre.
Xquic est-elle vénérée comme une déesse ?
Le statut exact de Xquic prête à discussion. Le Popol Vuh la présente d'abord comme une princesse de Xibalba plus que comme une déesse de culte établi. Sa maternité des Jumeaux Héros lui vaut toutefois une forme de révérence comme figure mère, et certaines lectures la rattachent aux divinités lunaires et de la fertilité de la mythologie maya. Aucune trace claire d'un culte autonome organisé ne nous est cependant parvenue.
Citations
"Et aussitôt elle conçut dans son sein par la vertu seule de la salive ; et ce fut là la conception de Hunahpu et de Xbalanque."
"Remonte donc vers la terre ; tu ne mourras point. Crois en ma parole qu'ainsi il en sera fait."
