L'essentiel
Ah Puch est la principale divinité de la mort de la mythologie maya. Les chercheurs le désignent sous le nom de "dieu A" dans le classement des codex, signe de sa place centrale parmi les nombreux dieux funéraires mayas. En tant que dieu maya de la mort, il préside au passage des âmes vers l'au-delà et règne sur le royaume souterrain où aboutissent les défunts. Sa fonction dépasse la simple destruction puisqu'il gouverne aussi la décomposition, la maladie et l'obscurité.
L'iconographie d'Ah Puch frappe par sa crudité. Les codex le représentent en squelette au ventre gonflé par la putréfaction, le visage réduit à un crâne grimaçant. Autour du cou pend un collier d'yeux humains arrachés, suspendus à leurs nerfs. Des taches noires marquent son corps pour figurer la chair qui pourrit. Le hibou, oiseau de mauvais augure, l'accompagne souvent et annonce sa venue.
Le domaine d'Ah Puch porte le nom de Metnal ou Mitnal, le neuvième et plus profond niveau de l'inframonde maya appelé Xibalba, "le lieu de la peur". Là règnent les ténèbres absolues et coulent, selon certains textes, des rivières de sang et de pus. Le dieu y reçoit les âmes des morts et y exerce son autorité de seigneur des défunts, entouré d'une cour de divinités mineures liées à la maladie.
Ah Puch porte de nombreux noms selon les régions et les époques mayas. Les Yucatèques l'appellent Yum Cimil, "le Seigneur de la mort", tandis que d'autres le nomment Cizin ou Kisin. Cette multiplicité tient à la diversité des peuples mayas et à la perte d'une grande partie des sources, détruites lors des autodafés du XVIème siècle. Les spécialistes débattent encore de l'identité exacte qui se cache derrière ces appellations.
Au-delà de sa réputation terrifiante, Ah Puch incarne une vision nuancée de la mort dans la mythologie maya. Certaines traditions lui prêtent un rôle dans la régénération, la naissance et les recommencements, comme si la fin d'un cycle préparait le suivant. Cette dualité reflète la pensée maya, qui voit dans la mort moins une disparition qu'un passage. Le dieu maya de la mort se tient ainsi au seuil entre destruction et renouveau.
Questions fréquentes
Que signifie le nom "Cizin" ?
Cizin ou Kisin dérive d'un mot maya évoquant la flatulence et la puanteur. Le nom se traduit par "le Puant" ou "le Flatulent", en référence directe à l'odeur de la décomposition des corps. Ce surnom n'a rien d'une moquerie. Il traduit la précision descriptive des Mayas face à la mort, qu'ils nomment pour ce qu'elle est sans détour.
Ah Puch a-t-il un équivalent dans d'autres mythologies ?
Oui. Son équivalent le plus proche est Mictlantecuhtli, le seigneur squelettique des morts chez les Aztèques, lui aussi maître d'un inframonde à neuf niveaux. Comme Ah Puch, il associe la mort à la décomposition et à l'obscurité. On peut aussi le rapprocher d'Anubis en Égypte ou de Hadès en Grèce, qui règnent sur le royaume des défunts.
Quel jour du calendrier maya est lié à Ah Puch ?
Ah Puch est le patron de Cimi ou Kame, le sixième jour-signe du calendrier maya. Ce signe représente la mort, mais aussi la transformation et le passage. Loin d'être purement néfaste, Cimi rappelle que la mort fait partie d'un cycle. Cette association renforce le lien du dieu maya de la mort avec l'idée de transition plutôt qu'avec une simple fin.
Où retrouve-t-on Ah Puch dans la culture populaire ?
Ah Puch figure parmi les dieux jouables du jeu vidéo Smite (nouvelle fenêtre), où il porte le titre d'"Horrible dieu de la décomposition" et invoque des cadavres sur le champ de bataille. Il tient aussi le rôle d'antagoniste principal dans la saga de romans Storm Runner (nouvelle fenêtre) de Rick Riordan. Son apparence macabre en fait une figure récurrente des univers d'horreur et de fantasy.
Comment les Mayas tiennent-ils Ah Puch à distance ?
Selon les récits, les Mayas redoutent tant Ah Puch qu'ils mènent un deuil silencieux le jour et produisent un grand vacarme la nuit pour l'éloigner du mourant. Les sources coloniales décrivent un dieu annoncé par le tintement de clochettes. Ce rapport mêlé de crainte et de respect montre que la mort, dans la mythologie maya, se gère par le rite autant qu'elle s'endure.
Citations
"Les âmes mauvaises descendent à Mitnal, le monde souterrain, où règne un démon qu'ils nomment Hunhau, prince de tous les diables."
"Les seigneurs de Xibalba régnaient sur le lieu de la peur, et tout ce qui vit leur appartenait."
"Il est Ah Puch, le plus puissant seigneur du neuvième enfer."
