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Japonais

Hachiman

Protecteur divin

Divinité
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L'essentiel

Hachiman occupe une place à part dans la mythologie japonaise. Ce kami règne sur la guerre et sur le tir à l'arc, mais son rôle dépasse largement le champ de bataille. Il protège les combattants plutôt qu'il ne célèbre la violence, et veille sur le Japon, sur la famille impériale et sur le peuple dans son ensemble. Le shintoïsme lui reconnaît une popularité que peu de divinités atteignent. Le pays compte plus de 40 000 lieux de culte qui lui sont dédiés, ce qui en fait le deuxième culte le plus répandu de l'archipel après celui d'Inari. L'arc et la flèche restent ses attributs, et la colombe demeure son messager.

La tradition identifie Hachiman à l'esprit divinisé de l'empereur Ōjin, quinzième souverain du Japon, dont le règne se situe selon les chroniques entre 270 et 310 de notre ère. Ce lien apparaît formellement dans un texte du IXème siècle, le Hachimangū Mirokuji engi, rédigé vers 840. La légende raconte que huit étendards célestes descendent du ciel au moment de la naissance de ce souverain, ce qui explique le nom du dieu japonais de la guerre qui signifie "huit bannières". Le culte naît à Usa, sur l'île de Kyūshū, où le sanctuaire d'Usa Jingū, fondé en 725, demeure le berceau et le cœur de sa vénération.

La singularité de Hachiman tient à sa double appartenance religieuse. En 749, un oracle rendu à Usa annonce que le kami soutient la construction du Grand Bouddha du temple Tōdai-ji, à Nara. La cour impériale lui accorde en 781 le titre de Hachiman Daibosatsu, le "grand bodhisattva Hachiman". Il devient ainsi le premier kami japonais élevé au rang de bodhisattva, figure emblématique du shinbutsu shūgō, cette fusion entre shintoïsme et bouddhisme qui traverse toute l'histoire religieuse du Japon. Les sculpteurs le représentent parfois en moine au crâne rasé, sous la forme dite Sōgyō Hachiman.

Le clan Minamoto fait de lui sa divinité tutélaire, car ses membres se réclament de la lignée de l'empereur Ōjin. Minamoto no Yoshiie prend le nom de Hachiman Tarō, "premier fils de Hachiman", et incarne pour les générations suivantes l'idéal du samouraï. Quand Minamoto no Yoritomo fonde le shogunat de Kamakura, il érige en 1180 le Tsurugaoka Hachiman-gū, qui devient le centre spirituel du pouvoir guerrier. Chaque sanctuaire Hachiman transmet depuis lors une image du divin où la force sert la protection, et où l'archer prime sur le sabreur.

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Questions fréquentes

Que signifie exactement le nom Hachiman ?

Les deux caractères qui composent le nom se lisent hachi ("huit") et man ou hata ("bannière", "étendard"). D'où la lecture ancienne, Yahata no kami, "le kami aux huit bannières". Une seconde hypothèse, plus prosaïque et défendue par de nombreux historiens, veut que Yahata désigne simplement une localité du district d'Usa où le culte apparaît. Les deux lectures coexistent encore aujourd'hui.

Qu'est-ce que le yabusame et quel rapport avec Hachiman ?

Le yabusame est un rituel de tir à l'arc à cheval qui force l'archer à lancer sa monture au galop et à décocher ses flèches sur des cibles de bois disposées le long d'une piste. Cette discipline se pratique dans plusieurs sanctuaires Hachiman, notamment au Tsurugaoka Hachiman-gū de Kamakura. Elle prolonge, sous forme de spectacle sacré, l'art qui définit le samouraï avant l'ère du sabre.

Hachiman a-t-il vraiment envoyé le kamikaze contre les Mongols ?

En 1274 puis en 1281, deux flottes lancées par Kubilai Khan sombrent au large des côtes japonaises, détruites par des typhons. Les fidèles prient alors Hachiman dans ses sanctuaires et attribuent le désastre à son intervention. Ces tempêtes reçoivent le nom de kamikaze, "vents divins". Le phénomène est météorologique, mais l'interprétation religieuse marque durablement l'imaginaire japonais et renforce le prestige du dieu japonais de la guerre.

À quelles divinités étrangères Hachiman se compare-t-il ?

La comparaison avec Arès ou Mars trouve vite ses limites. Hachiman n'incarne ni la fureur guerrière ni la conquête, mais la guerre juste et la protection de ceux qui combattent, ce qui le rapproche davantage du dieu Tyr chez les scandinaves, garant du droit, ou de Guan Yu en Chine, guerrier divinisé et modèle de loyauté. Au sein même de la mythologie japonaise, il forme un contrepoint à Susanoo, figure du chaos et de la démesure.

Où croise-t-on Hachiman dans la culture populaire ?

Son nom circule plus que sa personne. Il apparaît dans les invocations de personnages de jeux vidéo et de mangas, notamment dans Fate/Grand Order, où l'archer Tawara Tōta décoche ses flèches en implorant Hachiman Daibosatsu. Les jeux d'action situés dans le Japon médiéval reprennent régulièrement ses sanctuaires et ses bannières comme décor. Le mot kamikaze, lui, a largement dépassé le cadre religieux qui l'a vu naître.

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Citations

"Namu Hachiman Daibosatsu ! Fais que cette flèche atteigne son but."

Heike monogatari

"Le trône impérial du Japon repose sur la bienveillance de la grande déesse Amaterasu d'Ise et du grand bodhisattva Hachiman."

Jōkyū-ki, Chronique japonaise
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Noms alternatifs

  • Yahata
  • Yawata
  • Hachiman-shin
  • Hachiman no Kami
  • Hachiman Daibosatsu
  • Sōgyō Hachiman
  • Yumiya Hachiman
  • Hondawake