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Chinois

Pangu

Créateur cosmique

Divinité
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L'essentiel

Pangu est le géant primordial qui ouvre la mythologie chinoise. Avant lui, il n'existe ni ciel, ni terre, ni lumière. Tout repose dans un œuf cosmique où le chaos mêle indistinctement le yin et le yang. C'est à l'intérieur de cet œuf que Pangu prend forme et grandit lentement, pendant dix-huit mille ans, jusqu'au jour où il s'éveille et découvre l'obscurité totale qui l'entoure.

Le grand récit qui définit Pangu est la séparation du ciel et de la terre. À son réveil, le géant primordial brise sa coquille, souvent à l'aide d'une hache divine. Les éléments légers et clairs montent pour former le ciel tandis que les éléments lourds et troubles descendent pour devenir la terre. Pour empêcher les deux moitiés de se refermer, Pangu se dresse entre elles et les maintient écartées. Chaque jour le ciel s'élève davantage, la terre s'épaissit et le géant grandit d'autant, séparant les deux mondes sur une distance vertigineuse.

Le rôle de dieu créateur de Pangu se joue surtout dans sa fin. Quand son œuvre s'achève, le géant primordial s'épuise et son corps se transforme en tout ce qui compose le monde. Son souffle devient le vent et les nuages, sa voix le tonnerre, ses yeux le soleil et la lune, son sang les fleuves et ses os les montagnes. La création du monde ne naît donc pas d'un ordre lancé depuis l'extérieur, mais d'un sacrifice intérieur où le créateur se confond avec sa création.

Cette logique fait de Pangu une figure d'équilibre autant que d'origine. Le passage du chaos à l'ordre, l'écartement du yin et du yang et le don total du corps illustrent une idée centrale de la pensée chinoise, celle d'un monde fait d'éléments opposés mais complémentaires. Mythe relativement tardif dans les textes, Pangu s'impose pourtant comme le symbole le plus accessible de la création du monde à la chinoise, à la fois récit fondateur et grande image poétique de la naissance de l'univers.

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Questions fréquentes

Que signifie le nom de Pangu ?

Le nom Pangu se traduit souvent par "antiquité enroulée" ou "antiquité primordiale". Cette image renvoie à sa position recroquevillée à l'intérieur de l'œuf cosmique, avant qu'il ne s'éveille. Le nom dit donc déjà l'essentiel, celui d'un être lové dans l'origine, prêt à se déployer pour donner naissance au monde.

À quelles autres figures mythologiques Pangu ressemble-t-il ?

Les chercheurs rapprochent Pangu d'autres "géants cosmiques" dont le corps devient le monde. On pense à Ymir dans la mythologie nordique, à Tiamat en Mésopotamie ou à Purusha en Inde. Cette parenté ne vient pas forcément d'un emprunt direct, mais d'une idée partagée par de nombreuses cultures, celle d'un univers né du démembrement d'un être premier.

Pourquoi le mythe de Pangu apparaît-il tardivement ?

Contrairement à d'autres figures chinoises, Pangu n'apparaît pas dans les textes les plus anciens. Son récit est surtout connu à partir du troisième siècle de notre ère, à travers les écrits attribués à Xu Zheng (nouvelle fenêtre). Cela suggère soit un développement tardif, soit la mise par écrit d'une tradition orale beaucoup plus ancienne, transmise de génération en génération avant d'être fixée.

Pangu a-t-il créé les humains ?

Non, et c'est une nuance importante. Pangu façonne le cadre du monde, mais la création des humains revient le plus souvent à la déesse Nüwa, qui les modèle dans l'argile. Certaines traditions tardives ajoutent un détail surprenant, celui des parasites de son corps qui, portés par le vent, deviennent les premiers êtres vivants.

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Citations

"Le ciel et la terre étaient confondus comme un œuf. Pangu naquit en son sein. Le yang clair devint le ciel, le yin trouble devint la terre."

Sanwu Liji

"À sa mort, son souffle devint le vent et les nuages, sa voix le tonnerre. Son œil gauche devint le soleil et son œil droit la lune. Son sang devint les fleuves et les mers, ses os les montagnes, ses cheveux les plantes et les arbres."

Wuyun Linian Ji / Shuyi Ji