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Draugr

Guerriers morts-vivants

Le mort-vivant nordique

Le Draugr est le mort-vivant nordique le plus redouté de la mythologie scandinave. Là où le fantôme flotte et traverse les murs, cette créature nordique possède un corps de chair, lourd et bien réel. On le frappe, on le transperce, on le brûle. Le terme qui le désigne le mieux reste revenant viking, car un fragment du défunt demeure attaché à sa dépouille et le pousse à sortir de sa tombe pour régler des comptes laissés en suspens.

Un corps gonflé et une force surhumaine

Son apparence annonce le danger. La peau du Draugr prend une teinte bleu-noir que le vieux norrois nomme hel-blár, "bleu de mort", le corps gonfle de manière grotesque et dégage une odeur de putréfaction. Ses pouvoirs en font un adversaire redoutable. Il broie les os d'une force surhumaine, s'alourdit et grandit en plein combat, se change en bête ou en brume, et répand autour de lui maladie, folie et cauchemars. Les récits racontent que le bétail devient fou à son approche et que les hommes qui le croisent perdent la raison.

Le gardien du tertre funéraire

Ce mort-vivant nordique habite le tertre funéraire où il garde jalousement le trésor enseveli avec lui. Quiconque tente de forcer le tumulus pour s'emparer de cet or affronte le gardien réveillé. Le combat contre un Draugr dans sa sépulture devient un motif récurrent, une épreuve de courage réservée aux héros décidés à conquérir une épée ancienne ou un anneau maudit.

Les sagas islandaises

C'est dans les sagas islandaises, rédigées aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles à partir de traditions orales plus anciennes, que le revenant viking gagne toute sa réputation. La Grettis saga met en scène le berger Glámr, l'un des Draugr les plus célèbres de la mythologie scandinave, dont la malédiction poursuit le héros Grettir jusqu'à sa perte. L'Eyrbyggja saga déroule les hantises de Thórólfr Pied-boiteux et les prodiges de Fródá, tandis que la Laxdæla saga raconte comment Killer-Hrapp, enterré debout sous sa ferme, revient tourmenter les vivants.

Décapiter et brûler le revenant

On ne devient pas Draugr par hasard. La cupidité, la rancune, une mort violente ou une sépulture bâclée suffisent à transformer un défunt en créature nordique malfaisante. Pour s'en libérer, les héros des sagas islandaises emploient des méthodes radicales. Ils décapitent le cadavre, posent la tête contre le bas de son corps, puis brûlent la dépouille et dispersent les cendres au loin ou en mer. Tant que ce rituel reste inachevé, le mort-vivant nordique continue de hanter les vivants et de menacer toute la communauté.

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Questions fréquentes

D'où vient le mot draugr ?

Le terme Draugr remonte au proto-germanique draugaz, qui évoque l'illusion, le mirage et la tromperie, à partir d'une racine indo-européenne signifiant "duper". Les spécialistes rapprochent souvent cette souche de celle du mot "rêve", une parenté probable mais encore débattue. En vieux norrois, le mot désigne un revenant qui marche, ce qui inscrit la créature nordique dans une idée de présence trompeuse, entre la chair et l'apparence.

Existe-t-il plusieurs types de draugr ?

Oui. Les commentateurs distinguent deux figures dans les sagas islandaises. Le haugbúi, "habitant du tertre", quitte rarement sa sépulture et attaque surtout les pilleurs de son trésor. L'aptrganga, le "revenant marcheur", se montre bien plus mobile et retourne hanter sa ferme et son village. Le folklore norvégien plus tardif ajoute le draugr des mers, le draugen, un noyé qui hante les côtes comme un présage funeste.

Quelle différence entre un Draugr, un zombie et un vampire ?

Le Draugr conserve intelligence, volonté et une force décuplée, quand le zombie moderne reste un corps vide d'esprit. Comme le vampire, il convoite parfois la vie des vivants, mais il ne se nourrit pas systématiquement de sang et agit d'abord par vengeance ou par cupidité. Cette créature nordique se rapproche donc du revenant européen plutôt que des figures du cinéma d'horreur.

Où croise-t-on le Draugr dans la culture moderne ?

Le Draugr connaît une seconde vie dans le jeu vidéo et le cinéma. Il peuple les cryptes de Skyrim dans le jeu The Elder Scrolls V: Skyrim (nouvelle fenêtre), affronte Kratos et Atreus dans God of War (nouvelle fenêtre), et inspire des morts-vivants de Dungeons & Dragons (nouvelle fenêtre). Le film The Northman (nouvelle fenêtre) de Robert Eggers le remet aussi en scène, dans une réécriture directe de la Grettis saga. Ces œuvres en font l'un des visages les plus reconnaissables de la mythologie scandinave.

Que symbolise le Draugr dans la culture viking ?

Le Draugr révèle une certaine idée de la mort dans la mythologie scandinave. Le défunt ne part pas vraiment, il reste lié à sa tombe et à sa communauté. Cette figure prolonge le culte des ancêtres, où l'on honore et redoute les morts en même temps. Elle traduit aussi la crainte de voir les rangs et les liens sociaux se prolonger au-delà de la vie. Avec la christianisation, ces revenants tenaces deviennent peu à peu des créatures à combattre plutôt qu'à apaiser.

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Citations

Désormais, l'exil et le combat s'abattront sur toi, tes actes tourneront au mal et ton esprit gardien t'abandonnera. Tu seras proscrit et ton sort sera de vivre à jamais seul.

Grettis sagaChapitre 35

On s'aperçut que Glámr ne reposait pas en paix. Il causait de tels ravages que certains s'évanouissaient à sa vue, tandis que d'autres perdaient la raison.

Grettis sagaLa hantise de Glámr

Inclinez-vous devant les morts !

BethesdaThe Elder Scrolls V: Skyrim
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