Brahma constitue le premier membre de la Trimurti, la trinité divine de l'hindouisme où il incarne le principe créateur, aux côtés de Vishnou le préservateur et Shiva le destructeur. Son nom signifie "le créateur" ou "celui qui croît", dérivé de la racine sanskrite qui évoque l'expansion. Considéré comme la personnification du Brahman, l'essence absolue et impersonnelle de l'univers, Brahma représente la force démiurgique qui organise le chaos primordial pour donner naissance à toute forme de vie. Les textes sacrés comme les Puranas le désignent sous différents noms selon ses fonctions : Hiranyagarbha lorsqu'il émerge de l'œuf d'or cosmique, Prajapati en tant que seigneur et père de toutes les créatures, ou encore Svayambhu, "celui qui s'engendre lui-même". Il apparaît dans les grandes épopées du Mahabharata et du Ramayana comme l'ancêtre divin dont descend Manu, le premier homme et législateur de l'humanité. Sa résidence céleste, Brahmapura, trône au sommet du mont Meru, montagne sacrée qui forme l'axe cosmique de l'univers.
Brahma arbore une apparence immédiatement reconnaissable avec ses quatre têtes couronnées tournées vers les quatre points cardinaux et ses quatre bras qui symbolisent son omniscience et son omniprésence. Ses visages portent une barbe blanche ou noire, marque de sagesse éternelle, et récitent en permanence les quatre Vedas, les textes sacrés fondamentaux de l'hindouisme. Ces quatre têtes représentent également les quatre instances de la pensée : l'esprit (manas), l'intellect (buddhi), l'ego (ahamkara) et la conscience conditionnée (citta). Chacun de ses bras tient un attribut symbolique chargé de sens : le premier porte les Vedas ou un livre sacré représentant la connaissance divine, le second un chapelet (aksamala) dont les perles évoquent les éléments de la création et le cycle éternel du temps, le troisième un vase à eau (kamandalu) contenant l'énergie cosmique primordiale, et le quatrième une cuillère sacrificielle (sruk) rappelant son lien avec les rites brahmaniques. Vêtu de blanc, symbole de pureté, avec une peau de teinte rouge ou dorée, il siège sur un lotus, fleur sacrée émergeant du nombril de Vishnou dans certaines cosmogonies. Sa monture, le hamsa, cygne ou oie sacrée, incarne le discernement spirituel et la capacité à séparer le vrai du faux, le permanent de l'éphémère.
Malgré son importance cosmologique en tant que dieu créateur, Brahma jouit d'un culte extrêmement limité dans l'hindouisme contemporain, paradoxe qui trouve son explication dans plusieurs légendes mythologiques. La plus célèbre raconte qu'il s'éprend de sa propre création, Shatarupa (ou Sarasvati), déesse de la connaissance aux cent formes magnifiques qui tente de fuir son regard en se déplaçant dans toutes les directions. Brahma créé alors quatre têtes pour la suivre constamment, puis une cinquième lorsqu'elle s'élève vers le ciel. Shiva, outré par cet amour incestueux, tranche cette cinquième tête et décréte que Brahma ne sera plus vénéré sur terre. Depuis, seuls quelques temples lui sont dédiés, notamment celui de Pushkar au Rajasthan, considéré comme le plus sacré, ainsi que des sanctuaires à Kumbakonam, Thirupattur au Tamil Nadu, Thirunavaya au Kerala et Pondichéry. Cette rareté cultuelle s'explique aussi par sa nature : une fois l'univers créé, Brahma n'intervient plus dans les affaires des dieux ou des mortels, se retirant dans une contemplation éternelle. Dans la cosmologie hindoue, chaque jour de Brahma dure environ 4,32 milliards d'années humaines (un kalpa), période durant laquelle l'univers existe avant d'être détruit puis recréé à son réveil. Son rôle de créateur achevé, les fidèles se tournent naturellement vers Vishnou et Shiva dont les fonctions de préservation et de destruction concernent directement leur existence quotidienne. Dans la culture moderne, Brahma apparaît dans les jeux vidéo de la franchise Shin Megami Tensei et Persona comme déité invocable du panthéon hindou, témoignant de sa persistance dans l'imaginaire collectif contemporain.
Brahma constitue le premier membre de la Trimurti, la trinité divine de l'hindouisme où il incarne le principe créateur, aux côtés de Vishnou le préservateur et Shiva le destructeur. Son nom signifie "le créateur" ou "celui qui croît", dérivé de la racine sanskrite qui évoque l'expansion. Considéré comme la personnification du Brahman, l'essence absolue et impersonnelle de l'univers, Brahma représente la force démiurgique qui organise le chaos primordial pour donner naissance à toute forme de vie. Les textes sacrés comme les Puranas le désignent sous différents noms selon ses fonctions : Hiranyagarbha lorsqu'il émerge de l'œuf d'or cosmique, Prajapati en tant que seigneur et père de toutes les créatures, ou encore Svayambhu, "celui qui s'engendre lui-même". Il apparaît dans les grandes épopées du Mahabharata et du Ramayana comme l'ancêtre divin dont descend Manu, le premier homme et législateur de l'humanité. Sa résidence céleste, Brahmapura, trône au sommet du mont Meru, montagne sacrée qui forme l'axe cosmique de l'univers.
Brahma arbore une apparence immédiatement reconnaissable avec ses quatre têtes couronnées tournées vers les quatre points cardinaux et ses quatre bras qui symbolisent son omniscience et son omniprésence. Ses visages portent une barbe blanche ou noire, marque de sagesse éternelle, et récitent en permanence les quatre Vedas, les textes sacrés fondamentaux de l'hindouisme. Ces quatre têtes représentent également les quatre instances de la pensée : l'esprit (manas), l'intellect (buddhi), l'ego (ahamkara) et la conscience conditionnée (citta). Chacun de ses bras tient un attribut symbolique chargé de sens : le premier porte les Vedas ou un livre sacré représentant la connaissance divine, le second un chapelet (aksamala) dont les perles évoquent les éléments de la création et le cycle éternel du temps, le troisième un vase à eau (kamandalu) contenant l'énergie cosmique primordiale, et le quatrième une cuillère sacrificielle (sruk) rappelant son lien avec les rites brahmaniques. Vêtu de blanc, symbole de pureté, avec une peau de teinte rouge ou dorée, il siège sur un lotus, fleur sacrée émergeant du nombril de Vishnou dans certaines cosmogonies. Sa monture, le hamsa, cygne ou oie sacrée, incarne le discernement spirituel et la capacité à séparer le vrai du faux, le permanent de l'éphémère.
Malgré son importance cosmologique en tant que dieu créateur, Brahma jouit d'un culte extrêmement limité dans l'hindouisme contemporain, paradoxe qui trouve son explication dans plusieurs légendes mythologiques. La plus célèbre raconte qu'il s'éprend de sa propre création, Shatarupa (ou Sarasvati), déesse de la connaissance aux cent formes magnifiques qui tente de fuir son regard en se déplaçant dans toutes les directions. Brahma créé alors quatre têtes pour la suivre constamment, puis une cinquième lorsqu'elle s'élève vers le ciel. Shiva, outré par cet amour incestueux, tranche cette cinquième tête et décréte que Brahma ne sera plus vénéré sur terre. Depuis, seuls quelques temples lui sont dédiés, notamment celui de Pushkar au Rajasthan, considéré comme le plus sacré, ainsi que des sanctuaires à Kumbakonam, Thirupattur au Tamil Nadu, Thirunavaya au Kerala et Pondichéry. Cette rareté cultuelle s'explique aussi par sa nature : une fois l'univers créé, Brahma n'intervient plus dans les affaires des dieux ou des mortels, se retirant dans une contemplation éternelle. Dans la cosmologie hindoue, chaque jour de Brahma dure environ 4,32 milliards d'années humaines (un kalpa), période durant laquelle l'univers existe avant d'être détruit puis recréé à son réveil. Son rôle de créateur achevé, les fidèles se tournent naturellement vers Vishnou et Shiva dont les fonctions de préservation et de destruction concernent directement leur existence quotidienne. Dans la culture moderne, Brahma apparaît dans les jeux vidéo de la franchise Shin Megami Tensei et Persona comme déité invocable du panthéon hindou, témoignant de sa persistance dans l'imaginaire collectif contemporain.
Les quatre têtes de Brahma s'expliquent par une légende mythologique et portent plusieurs significations symboliques. Selon le mythe le plus répandu, lorsque Brahma créé Shatarupa, une déesse d'une beauté éblouissante, il tombe éperdument amoureux d'elle. Pour continuer à la contempler alors qu'elle tente de fuir son regard en se déplaçant dans toutes les directions, il fait apparaître quatre têtes pointant vers les quatre points cardinaux. Quand elle s'élève vers le ciel, il créé une cinquième tête que Shiva tranche par la suite pour punir cet amour inapproprié. Sur le plan symbolique, ces quatre visages représentent les quatre Vedas que Brahma récite en permanence, les quatre directions de l'espace qu'il surveille, ou encore les quatre instances de la pensée humaine : l'esprit, l'intellect, l'ego et la conscience.
Ce paradoxe s'explique par plusieurs facteurs mythologiques et théologiques. La principale raison provient de la malédiction prononcée par Shiva après l'épisode de l'amour incestueux de Brahma pour sa création Shatarupa. Scandalisé par cette attirance, Shiva décréte que Brahma ne sera pas adoré sur terre, d'où la rareté extrême des temples lui étant dédiés. Une autre explication réside dans sa nature même : Brahma n'intervient pas dans les affaires quotidiennes des dieux ou des mortels une fois la création achevée. Les fidèles privilégient donc naturellement Vishnou, qui préserve l'ordre cosmique et se manifeste en avatars pour sauver le monde, et Shiva, qui détruit pour permettre le renouvellement. Brahma, ayant accompli son œuvre créatrice, se retire dans une contemplation passive qui ne répond pas aux besoins spirituels immédiats des dévots cherchant protection et guidance.
Brahma et Brahman sont deux concepts distincts souvent confondus en raison de leur proximité phonétique. Brahman désigne le principe absolu et impersonnel de l'hindouisme, l'essence universelle infinie qui transcende toute forme et toute manifestation, comparable à l'énergie cosmique primordiale dont émane l'univers entier. Brahma représente la personnification divine de ce principe abstrait, le dieu créateur pourvu d'une forme, d'attributs et d'une histoire mythologique. On peut dire que Brahma est l'agent du Brahman, sa manifestation concrète chargée d'organiser la matière préexistante en un cosmos ordonné. Cette distinction reflète la dualité hindoue entre l'absolu impersonnel et ses manifestations personnifiées sous forme de divinités accessibles à la dévotion.
Sarasvati occupe une position centrale et complexe dans les récits entourant Brahma. Selon les textes, elle est à la fois sa fille, née de sa bouche ou de son propre corps divisé, et son épouse, incarnant la shakti, l'énergie féminine créatrice nécessaire à toute manifestation divine. En tant que déesse de la connaissance, de la sagesse, des arts, de la musique et de l'éloquence, Sarasvati personnifie la parole védique et représente l'aspect intellectuel et spirituel de la création. De leur union naquirent Manu, le premier législateur et ancêtre de l'humanité, ainsi que toutes les formes de vie. Cette relation ambiguë entre père-créateur et fille-épouse illustre les mystères de l'auto-génération divine et des cycles cosmiques dans la pensée hindoue. Le couple Brahma-Sarasvati symbolise l'union nécessaire entre la force créatrice masculine et la connaissance féminine pour engendrer un univers ordonné et harmonieux.
La création selon Brahma s'inscrit dans un cycle cosmique éternel de manifestation et de dissolution. Au début de chaque kalpa, période correspondant à un jour de Brahma (environ 4,32 milliards d'années), le dieu émerge d'un lotus doré jaillissant du nombril de Vishnou endormi sur le serpent cosmique Ananta, ou d'un œuf d'or flottant dans les eaux primordiales. Brahma ne crée pas ex nihilo mais organise des éléments préexistants et éternels, tel un potier façonnant l'argile. Il engendre d'abord les sept Rishis, sages visionnaires issus de son esprit, puis les dieux (devas) et les démons (asuras), suivis de Manu dont descendent tous les humains. Sa création se déploie par la parole : en récitant les quatre Vedas par ses quatre bouches, il établit les lois cosmiques qui régissent l'univers. Au coucher de son jour, tout est détruit, et le cycle recommence à son réveil suivant.